Le bord de l'âme

Pour humer les pétales de nos souvenirs bleus,

Pour frôler les délices des sentiments voilés,

Il faut nous immerger dans des temps malheureux

Où l'espoir a perdu ses ailes calcinées.


Il y a dans l'air du temps un parfum qui s'efface,

Des odeurs chamarrées qui ne cousent plus rien.

Ne restent de nos vies que les corps qui se lassent

De n'avoir, de l'amour, vu qu'un reflet chagrin.


Que le spleen, massacré, veuille rendre les armes!

Que le diable envoûté plie sous le poids des charmes,

Son échine écailleuse navrée comme une offrande.



Couvrons nos âmes en peine du plus sale linceul,

Agitons donc nos vides, torsadons des guirlandes

Pour mieux nous étrangler au pied des anges en deuil.




Noyer l'ego

Tu as pris ton ego pour le jeter dans le canal. Tu l'as lesté avec tes lourdes illusions, ta fierté mal placée et ton espoir un peu niais. Tu t'es dit avec ça il va couler direct.

Tu as jeté l'ego, tu as regardé les jolis cercles qu'il dessinait en coulant. Sur tes lèvres, le sourire satisfait du meurtrier consciencieux.

Tu as pensé aux poissons, les plaignant d'avoir affaire à un si détestable déchet. C'est lourd un ego, ça pollue drôlement.

Tu pars tout léger lorsque, plein d'effroi, tu remarques de grosses bulles, un bouillon douteux, des miasmes familiers.

Ce con d'ego ne veut pas couler! Il remonte à la surface, imbu de lui-même, et tu le vois surgir comme un monstre aquatique. Tu crois vivre un cauchemar. Il te fonce dessus, féroce, encore gonflé d'eau. Il pue. Il t'en veut mais il t'aime: un ego est pire qu'un chien avec son maître; même si on le maltraite il vient encore quémander de l'affection.

Et le voilà qui s'accroche à tes basques, qui pleure, qui fait sa tragédienne pour que tu t'attendrisses. Avec tout ce qu'il a fait pour toi, il ne mérite pas ce châtiment!

Il t'enserre de ses tentacules tentateurs, prêt à t'étouffer si jamais tu recommences. On ne jette pas son ego: ça ne se fait pas.

Il pleure, il rit, il a l'air un peu fou. Il se frotte à ton âme comme un parasite affectueux. Il te chuchote que sans lui tu n'es rien; il te câline amoureusement en te flattant comme il sait si bien le faire. Il est miel, il est fiel. Il glisse sous ta peau, douleur domestiquée.

Tu t'es pris pour son maître? Mais c'est toi son esclave!

On ne tue pas son maître, on attend qu'un jour il daigne nous affranchir.

Et ton ego ricane: tu seras affranchi lorsque tu seras mort!

Alors, rempli tant de courage que de beau désespoir, tu cours vers le canal; cette fois tu te jettes.


Sur la berge, un ego abandonné pleure à chaudes larmes.

MOTS

Laisser les mots parler tout seuls. Les laisser filer, inlassablement, les laisser s'effiler dans un charabia lettré maîtrisé par eux seuls. Car, si la pensée est reine, les mots en sont les esclaves, doux, consentants et multiples, prêts à tout pour donner à nos idées l'image la plus juste.

Les mots sont frustrés parfois: ils ne suffisent pas, ne font que frôler l'absolu, sans jamais y plonger. Malheureusement, même la langue la plus riche du monde se retrouve bien indigente lorsqu'il s'agit d'émotions. Tourner les mots dans tous les sens, même si l'on présente un don certain pour ce faire, ne suffira jamais: voilà leur châtiment. Il y a de la faiblesse dans leur préciosité. Certains doivent lutter pour survivre, pour ne pas se laisser dévorer par la modernité ou les barbarismes.

Il y a de l'anarchie dans les mots: aucun n'a le pouvoir, et pourtant tous le souhaitent.

L'on peut aimer les mots ou les mépriser; après tout ils s'en fichent. Ils s'en fichent pas mal: eux ne veulent qu'exister. Une fois nés ils ont leur propre vie, parfois ingrats car ils se prostituent dans toutes les bouches. D'aucuns demeurent dans un hermétisme, mots riches et inconnus de beaucoup, donnant à ceux qui les pratiquent une fierté forcément mal placée.

Avant même de dépasser nos pensées, les mots nous dépassent nous-mêmes, nous engloutissent dans une farandole de vocabulaire, car le plus savant des hommes n'est pas un dictionnaire vivant.

Et les mots sont féroces, se retournant sans scrupules contre celui qui les lâche sans trop de réflexion.

Et les mots sont câlins, viennent caresser nos coeurs et réchauffer nos âmes lorsqu'il s'agit d'amour.

Et les mots sont meurtriers, cassent nos caractères, détruisent l'être humain, l'écrasent cruellement, l'accablent de mille maux quand la haine les prend.

Les mots sont l'alchimie qui transforme nos coeurs en paroles vivantes. Ils sont les bûches dans l'âtre de nos sentiments: il faut les renouveler sans cesse, rajouter encore et encore des termes à nos passions, pour mieux les exprimer, pour mieux les faire vivre. Ils sont les orphelins d'un Eden oublié, l'abîme de notre esprit.

Star System

Je suis un rocker -enfin, un pop-rocker- de quarante et un ans. Voilà plus de vingt ans que j'écris des chansons. Voilà plus de vingt ans que je suis une star. Au début j'aimais bien. Maintenant je déteste.
Je ne voulais pas vraiment être rocker. Moi je voulais être acteur. Mais j'ai été suffisamment malin pour voir que j'étais nul en jeu théâtral: j'ai un ego mais tout autant de lucidité!
En musique, j'étais moins nul. En poésie aussi. Alors j'ai fait des chansons, j'ai fait de la musique, j'ai monté un groupe. Et ça a marché. Sans que je comprenne vraiment pourquoi.
Au début j'aimais ce que je faisais. Des textes subversifs. Faire des doigts d'honneur dans mes clips. Jouer à l'androgyne pour choquer la mégère. Crier Fuck à tout bout de champ. Et me coker jusqu'à la moelle. Ah, ça! De la blanche, elles en ont vu mes narines! Elles en gardent une certaine nostalgie d'ailleurs. Toute cette neige que je ne payais quasiment pas... Aujourd'hui c'est fini. Santé oblige.
Mes premiers concerts furent mes premiers émois (mais marquent également le début de la fin). J'avais dix-neuf ans et j'existais enfin! Les salles n'étaient pas forcément pleines mais je donnais tout ce que je pouvais. Et entendre ces jeunes scander (faux) mes chansons, ça me gonflait l'ego. Ca me donnait confiance. Aujourd'hui, je déteste.
Aujourd'hui, chacun paie presque cent dollars pour me voir chanter en play-back dans des stades inhumains. Mon image, celle qui plaît tant, je m'y suis enfermé comme un poisson dans un bocal: j'y tourne en rond sans espoir d'en sortir, si ce n'est mort, et encore.
Je goûte à peine l'ivresse d'être acclamé, que dis-je, déifié par la foule.

Voilà où j'en suis. Je ne suis pas devenu rocker par véritable passion. Malheureusement. Je suis devenu rocker par besoin d'amour. J'étais enivré par la reconnaissance. Peu à peu cette ivresse s'est délitée; elle est devenue dégoût.
Je voulais qu'on m'aime. Et on m'aime, on m'adule. Mais ce n'est pas moi que vous adulez. Vous adulez mon image, un hologramme à mille lieues de ce que je suis vraiment.
Vous adorez le Ben subversif, provocateur. Vous aimez son maquillage, sa voix bizarre, sa grande gueule.
Je ne suis qu'un produit et vous aimez ça. Je n'ai rien à dire: ce produit, je suis le seul à l'avoir formaté; j'ai encore de la chance de n'avoir pas été sculpté par un quelconque Pygmalion rapace comme la société du spectacle en compte tant.
Quand je vois ces milliers de fans, je ne me sens plus Dieu mais usurpateur. Je suis comme un drogué qui voudrait se désintoxiquer: je déteste ma drogue mais j'y reviens toujours. Par faiblesse. Par facilité. Car j'ai la certitude de ne pas y trouver de substitut.
Cet amour, que je voulais tant, je l'abhorre désormais. Alors je fais des sourires; je joue le jeu comme un vaillant petit soldat provocant. Je ne suis devenu qu'une caricature de moi-même.
Mais ne vous leurrez pas: je vous méprise. Votre engouement pour moi, je le vois comme une ancienne religion, avec tout ce que cette idée comporte d'absurdité et de superstition désuètes.
Votre amour, je n'en veux plus, je n'en peux plus. Mais vous êtes mon gagne-pain. Je suis une machine à fric, trop habituée à vivre riche pour tout laisser tomber. De toute façon je ne sais rien faire d'autre.
Ceux qui me critiquent ou me traitent de merde, ceux-là recueillent toute ma considération. J'aurais tout fait pour qu'on m'aime, alors que dans le fond je veux qu'on me déteste.
Le pire étant que, même lorsque je crache sur mes fans, ceux-ci en redemandent. Ils adorent. Avouez qu'il y a un peu de masochisme dans ce comportement.

Comme je les comprends les artistes incompris! Tous ceux, parmi les plus grands, qui se sont laissés aller à l'auto-destruction; tous ceux qui ont précipité leur mort, comme je les comprends.
Il existe un point de non-retour. Il existe un moment où vous êtes pris à votre propre piège. Vous vouliez qu'on aime votre travail (qu'on vous aime) et on l'aime. On ne le comprend pas; mais on l'aime. C'est là toute la tragédie. Je crois qu'il vaut mieux être un artiste pauvre mais intègre, que quelqu'un de reconnu mais d'incompris. Aimé mais mal aimé.
Rimbaud a quitté la scène littéraire alors qu'il rencontrait un succès considérable. Il estimait qu'il avait accompli ce qui était en son pouvoir. Il est parti trafiquer les armes. Il a bien fait. Aujourd'hui on étudie, on décortique ses textes en cours sans comprendre grand'chose à l'être humain qu'il était...
Oh! Je ne suis pas Rimbaud! Je n'oserais pas. Lui il était intègre. Moi je ne suis qu'un produit suicidé par son succès. Et j'attends la mort impatiemment. Au moins, une fois disparu je serai libre. Peut-être que je vous détesterais un peu moins.

L'odeur du chagrin

Tu pues. Toi-même tu ne t'en rends plus compte mais tu le sais. Une odeur de pisse, de sueur. De mort.

Tu le sais car, lorsque tu es assis dans le bus, la place à côté de toi demeure désespérément vide. Toujours. Même quand le bus est plein à craquer. A chaque arrêt, une nouvelle personne monte. Voyant la place vide, elle s'y précipite. Trente secondes plus tard, elle quitte la place.

Car tu pues trop. Toujours ce sont les autres qui te font prendre conscience de ce que tu es, de ce que tu sens. Les gens ne sont pas gentils, tu trouves.

Ils ne peuvent pas savoir ce que tu es vraiment, ce que tu as vécu. Faut pas trop leur en demander non plus. Avant tu faisais partie de leur monde. Tu étais comme eux. Tu faisais partie des « gens ». Aujourd'hui, tu es en marge de la société. Ils ne se doutent pas qu'avant tu étais comme eux. Ils ne se doutent pas qu'ils ne sont pas à l'abri. Qu'ils peuvent, un jour, être comme toi. Puer tout autant que toi. Le pire c'est que tu ne leur en veux pas.

Toi aussi avant tu n'aimais pas les gens qui puent, tu étais gêné. Toi aussi tu avais du mal face à la misère. Toi aussi tu détournais les yeux. Tu te réfugiais dans ta vie confortable. En plaignant un peu, tout de même, ceux que la vie n'épargnait pas.

Tu pues donc. Tu as l'allure d'un clochard. Des guenilles. Une barbe et des cheveux crasseux. Tu ne te laves pas depuis si longtemps. Combien de temps déjà? Tu commences à oublier.

Six mois? Un an? Pour toi une éternité, trop longtemps déjà. Autant, ça ne fait qu'une semaine mais le temps s'est arrêté.

Tu t'es enterré depuis ce jour où elle t'a quitté, avec ton bébé dans le ventre. Tu t'es enterré. Tu es mort ce jour là. Ce qui reste, ce qui pue, ce n'est finalement que ton fantôme qui croit que tu vis encore. Un fantôme clochard. Un clochard riche. Car tu es riche oui; c'est là toute l'ironie. Les gens qui dans le bus ont peur de s'asseoir à tes côtés ne le savent pas.

Tu pues. Tu es sale. Mais tu n'es pas sans domicile fixe: tu es sans amour. Tu erres toute la journée dans les rues, parfois la nuit, mais tu as un chez toi. Luxueux. Tu y reviens parfois. Tu passes par la petite porte, dans la rue derrière. Pas par l'entrée principale. Car les gens seraient trop surpris et trop curieux de voir un clochard entrer dans une villa cossue. Une villa aux volets toujours clos. Clos comme ton coeur. Comme ton espoir. Les voisins ne se posent plus trop de questions. Ils pensent que Monsieur L. est parti. En voyage pour un long moment. Ils n'ont pas si tort finalement.

Tu pues l'alcool aussi parfois. Tu as cru naïvement que l'éthylisme t'aiderait à oublier. Au contraire, ça ne fait qu'accentuer ton mal-être. Donc tu ne bois pas souvent.

Quand elle t'a quitté tu t'es bien organisé; comme un automate, un relan de vie t'a animé pour préparer ta vie d'après. Le PDG que tu étais a démissionné, partant avec un chèque bien rempli de zéros. Tu as revendu toutes tes parts alors que ce n'était pas le moment. Personne n'a compris.

En gros tu t'es effacé, lentement. Tu t'es démerdé pour faire tous tes règlements par prélèvement automatique. La société nous aide à nous effacer. Ton banquier ne communique avec toi que par téléphone ou courrier électronique. Pour l'instant ça ne pose aucun problème. Ca viendra.

Tu ne voudrais pas que ceux qui t'ont connu avant te revoient aujourd'hui. Tu en croises certains, ils ne te reconnaissent pas. Tu as coupé tous les liens que tu avais un tant soit peu établis. Tu as envoyé une lettre aux plus proches. Une lettre qui ne leur laisse pas le choix: tu ne veux plus les voir, tu ne veux pas qu'ils cherchent à te recontacter. Bizarrement, ils ont tous joué le jeu. Tu en as été un peu surpris, de cette facilité qu'ils ont eue à penser que, finalement, tu ne faisais plus partie de leur vie. Comme elle ne fait plus partie de la tienne.

Tu pues. Comme un chien sale dont personne ne veut. Ta famille, tu n'en as plus. Ta seule famille, c'était elle. Et cet enfant, celui dans son ventre, que tu n'étais pas sûr de vouloir. Aujourd'hui, avec le recul, tu sais que tu le voulais. On ne veut que ce qui nous échappe. Tu as été stupide. Tu l'as laissée partir. Tu n'as même pas cherché, même pas essayé de la retenir: elle avait l'air tellement « libérée » le jour où elle t'a quitté. Ce jour là, elle était plus belle que jamais; c'est cela la cause de ta plus grande souffrance. Cette beauté lumineuse, arrogante qu'elle affichait, en même temps qu'elle faisait de toi le plus malheureux des hommes.

« Je m'ennuie . » Voilà ses mots. Voilà tes maux.

Elle s'ennuyait avec toi. Et toi, pauvre bougre, pauvre mâle qui ne se remettait jamais en question, tu n'as rien vu venir. Tu espères juste qu'aujourd'hui elle s'ennuie moins. Qu'elle est heureuse. Tu ne lui en veux même pas, non, tu l'aimes encore.

Tu pues mais tu es fier quelque part: plus d'un aurait vite cherché à se recaser; avec ton profil ça n'aurait pas été trop difficile. Non, toi tu l'aimais, tu l'aimes encore. Et tu as refusé de jouer à la mascarade avec une femme de substitution.

Il n'y avait qu'elle pour te rendre heureux. Il n'y avait qu'elle pour te rendre aussi malheureux. Tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même; tu fais ça pas trop mal. Tu as même trouvé une certaine dignité dans l'indigence.

Les gens croient que l'argent fait le bonheur. Tu leur offres le tien s'ils le veulent.

Extrait

Dans l'auréole blafarde de la cuisine, il met en route la machine à café. Une de ces machines à la mode qui font la fierté des vrais amateurs de café. Au prix de la capsule d'arabica il y a de quoi être fier en effet.
Odeur forte et chaude, bruit de percolateur. La symphonie continue. Une journée semblable aux autres s'enclenche, aussi mécaniquement que cette satanée machine. Pendant qu'il savoure le breuvage, Victor a l'esprit dans la brume; il ne se concentre que sur le goût de la mixture fumante qui descend dans son œsophage. Doucement il s'éveille. Le matin, il est muet et ne calcule rien. Seulement le café, le goût et la chaleur. A la dernière goutte avalée, il quitte la peau du zombi en sommeil et redevient un être humain. Un être humain de mauvaise humeur. Il amorce un sourire en pensant à la soirée qui l'attend.

Il va à la terrasse de sa cuisine, ouvre la porte vitrée et allume une cigarette. Comme tous les matins il fait instinctivement un geste de la main au voisin d'en face, qui fume aussi. Il ne sait rien de lui mais éprouve une profonde sympathie pour ce compagnon matinal et silencieux. Ils doivent avoir le même âge tous les deux. Le même mode de vie: l'autre fume aussi après son café, avant d'aller travailler.
Victor se demande si ce voisin hait autant que lui les matins. A voir la tronche qu'il arbore il faut croire que oui. Elle est curieuse, cette intimité qui s'instaure entre deux êtres qui ne se connaissent pas. Elle est honnête, sans attente, dénuée des fioritures de la convention sociale.
Rien ne les oblige à se saluer ainsi: ils pourraient s'ignorer dignement, personne n'en pâtirait. Mais non: un lien invisible et ténu, une connivence innée les pousse à se saluer. Ce geste pourtant anodin les sort tous les deux de leur solitude au point du jour. Lequel a commencé à saluer l'autre? Victor l'ignore: il a l'impression que ce signe de la main existe depuis toujours. Qu'il était là même avant eux, autonome et éternel.
Leurs mégots s'écrasent en même temps. Même si ce n'est pas le cas, on dirait qu'ils font exprès, qu'ils chronomètrent leurs actes pour les rendre jumeaux. Il s'agit juste d'une routine commune, universelle presque.
Chacun referme sa porte-fenêtre pour retourner à sa vie. Le claquement des vitres fait fuir les pigeons sales qui rôdent sur les terrasses, spectateurs aux yeux ronds des réveils gris de l'humain.

Les vies se ressemblent finalement. On veut croire que non, on veut se croire exceptionnel mais nous ne sommes pas plus exceptionnels qu'insignifiants.

Ne sauvons pas les apparences

Des masques nous en portons tous. Plus ou moins grimés, plus ou moins lourds de maquillage. Tous les jours, presque inconsciemment, nous revêtons la panoplie de l'être que nous sommes. Certains portent un masque transparent, d'autres se cachent pour leur survie derrière les apparences qu'ils ont choisies. Et les apparences viennent voiler une réalité parfois sordide. Dans un monde où l'apparence est reine, ne nous laissons pas berner par cette cosmétique, ces ornements qui peuvent nous perdre. Grattons le vernis, dépouillons les masques de leur maquillage, glissons-nous sous l'envers du décor et nous verrons les autres d'un oeil neuf.