Leur terre tellement cuite leur donne l'éclat du vieux feu, lorsque l'astre diurne ricoche sur leurs écailles de carassin vorace et monstrueux.
Des tuiles indolentes qui protègent, à la manière d'une peau, les vies toujours mobiles des grandes cités modernes. Les tuiles, elles, sont vieilles, cuirasses minérales qui semblent plier parfois sous le poids de l'orage. Elles sont aux nuages ce que le khôl est à l'iris: elles en exaltent la lumière et en protègent la splendeur dans un écrin délicieusement vermillonné. Lorsque la lune se gonfle, un sortilège les meut en caméléons: elles deviennent bleutées, pareilles à de l'ardoise recouverte d'argent. Elles sont les nonchalants témoins des amours volatiles, et jamais sous la foudre ne faut leur insouciance. La rumeur de la rue les indiffère drôlement, de même que le temps qui glisse sur leurs rondeurs. Une seule chose leur importe: leur perpétuel duel avec les cieux, quand vient le crépuscule.
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